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ARTICLE : NICE-MATIN, le 30. mars 2004



"Ces étrangers qui investissent sur la Côte d’Azur : Recherche 3 pièces ou plus, plein soleil"

A entendre Alex Balkin, agent immobilier spécialisé dans la clientèle scandinave, l’engouement de cette dernière pour la Côte d’Azur n’est pas près de se démentir… 
 

Alex Balkin est né au Danemark et a une mère francophone. Après une formation financière dont quatre ans d’études à New York, il arrive à Paris en 1990, travaille durant 5 ans pour un cabinet d’avocats franco-scandinave (1992/97) qui l’envoie à Nice en 1994. Après quelques années au poste de directeur commercial pour une entreprise danoise spécialisée dans l’événementiel et basée à l’Arénas, Alex Balkin, qui parle couramment les langues scandinaves ainsi que l’anglais et le français, devient le gérant de SCANAZUR, basée à Nice, filiale d’une société danoise et elle-même spécialisée dans le conseil en investissement immobilier sur la Côte d’Azur pour la clientèle scandinave.
 

- Comment vont les relations entre les Scandinaves et… l’immobilier azuréen ?
Alex Balkin : Au mieux. Je reviens de Copenhague où s’est tenu un salon immobilier sur le thème « Votre résidence en France », les 13 et 14 mars. C’était une première au Danemark alors que la Norvège et la Suède ont déjà le leur.
Le salon a connu un vif succès, avec 2500 visiteurs sur deux jours, très curieux et notamment intéressés de savoir si les prix allaient continuer de grimper. Nous étions une vingtaine d’exposants – conseillers en patrimoine, banquiers et agents immobiliers du sud de la France. Car, si les Danois ont une grande affection pour la France, ils ressentent un grand besoin de soleil. C’est la raison numéro un qui fait que les Scandinaves viennent sur la Côte d’azur pour acquérir un bien immobilier.
 
 
- La Côte d’Azur n’est pas seule à répondre à ces critères… 
A. B. : Les Scandinaves ont le choix entre l’Espagne… surbétonnée et l’Italie : la Toscane est plus chère que la Côte d’Azur et pêche par manque d’infrastructures. Ici, les Scandinaves trouvent tout le confort auquel ils sont habitués ainsi que le meilleur système de santé au monde, des golfs, la montagne, le ski… Le littoral, l’arrière pays, le moyen pays, la proximité immédiate de l’Italie, la mer, offrent des échappées à n’en jamais finir. Avec, en plus, une offre événementielle et culturelle importante. 
De plus, avec les moyens de communication – de l’internet aux compagnies aériennes low costs, en passant par les ordinateurs, téléphones portables et les lignes directes aériennes entre Nice et toutes les capitales du Nord- ils peuvent prendre l’avion le vendredi matin et séjourner 4 jours sur la Côte d’Azur sans que leurs affaires en pâtissent et sans que cela pèse réellement sur leur budget : un billet Copenhague-Nice-Cophenhague avec un samedi inclus, coûte entre 100 et 300 euros ! 
 
 
- Qui sont ces Danois qui s’intéressent à l’immobilier azuréen ? 
 A.B. : Ils ont aux environs de la cinquantaine, ils sont le plus souvent encore actifs -cadres, directeurs de société, artisans, diplomates, professions libérales- et préparent leur retraite. Ils sont déjà propriétaires chez eux et recherchent une résidence secondaire qui sera plus tard leur résidence principale ou bien dont la vente future leur permettra d’obtenir l’apport nécessaire à l’acquisition de leur résidence principale. 
 
 
- Quel type de biens recherchent-ils plus particulièrement ? 
 A.B. : Ils recherchent au moins un appartement 3 pièces et plus grand si possible ou une maison. L’habitation doit être ensoleillée : ils viennent avec leur boussole et préfèrent à 90% le sud-ouest plutôt que l’Est. Ils recherchent un environnement préservé et plus ou moins sécurisé -surtout s’il s’agit d’une résidence secondaire. Et aussi une situation pas trop loin de l’aéroport et du nœud autoroutier. Ils regardent aussi la bonne qualité de construction et des finitions.
 
 
- En bref, ils recherchent la perle rare sur un marché en pénurie...
A..B. : C’est en effet l’impression que l’on peut ressentir à la lecture des mails qu’ils m’adressent ! Mon premier travail est donc de pondérer leur demande.
 
 
- Un critère important est le prix. Celui de l’immobilier azuréen a beaucoup augmenté ces derniers mois. Les Scandinaves ont-ils encore les moyens de suivre ? 
A.B. : Ils viennent de pays où l’immobilier a connu plus ou moins la même évolution qu’en France et où les prix ne sont pas très différents. Dans l’ordre décroissant de cherté, on trouve Londres puis Paris et la Côte d’azur et ensuite Amsterdam. Il est vrai que les étrangers s’attendent à ce que les prix dans le sud soient un peu moins chers. 
J’explique alors à nos amis septentrionaux qu’une région avec autant d’atouts qui attirent tant d’étrangers n’a aucune raison d’être moins chère que d’autres ! 
Toutefois le littoral Est est devenu trop cher pour eux. Aujourd’hui beaucoup de Scandinaves choisissent le secteur de Vence et le Var (Montauroux et Callian).
 
 
- La langue semble en revanche poser un problème à cette clientèle. 
A.B. : Les Scandinaves parlent rarement le français. Ils sont contents et soulagés de trouver un professionnel comme moi capable de faire l’interface, d’être le lien entre eux et le vendeur français. Au point que j’étends mes services et j’en arrive à m’occuper de tout le dossier, de A à Z. Je leur explique le système français, l’intérêt d’aller aux services d’urbanisme pour s’intéresser aux projets pouvant toucher la propriété qu’ils s’apprêtent à acquérir, de demander la facture d’eau d’une villa pour repérer une éventuelle fuite d’eau dans la piscine ou encore les PV des deux dernières assemblées générales d’une copropriété pour connaître le montant futur des charges… Et je remplis pour eux ces taches. Cela peut aller jusqu’à assurer la maison et faire installer l’ADSL…autant de démarches vraiment difficiles quand on ne parle pas la langue du pays.
 
 
- En quoi le marché immobilier azuréen et les pratiques françaises en matière d’immobilier sont-ils différents de ce qui se passe sur les marchés scandinaves ?
A. B. : Pour les Scandinaves, habitués à d’autres pratiques, le marché immobilier azuréen apparaît impénétrable, incompréhensible, voire inquiétant : dans les différents supports d’annonces, ils trouvent le même bien, proposé par plusieurs agents immobiliers et souvent à des prix différents. Cela les rend méfiants. Ils ont notamment peur de payer trop cher. 
Dans leurs pays, le marché est tenu à plus de 90% par les professionnels et le mandat exclusif est la règle générale. 
La grande différence vient de ce que, au Danemark, le vendeur doit, à ses frais, faire établir un rapport technique sur la construction et les installations s’y trouvant, rapport qu’il doit remettre à l’acquéreur. 
De plus, les biens immobiliers sont beaucoup mieux entretenus dans les pays nordiques où l’on accorde une grande importance à la maison car on vit beaucoup plus à l’intérieur. 
A l’inverse, en France, l’acquéreur achète un bien qu’il est réputé connaître pour l’avoir visité… A lui de fournir la preuve, en cas de problèmes, que le vendeur a sciemment dissimulé un vice caché. 
Et encore : au Danemark, c’est un avocat qui rédige l’acte de vente. En Suède, c’est l’agent immobilier. Dans tous les cas, le contrat est beaucoup moins dense. Et puis, tout est tellement informatisé -la vérification des inscriptions hypothécaires se fait en ligne et le fax est un moyen de communication reconnu- que le délai entre les signatures du compromis et l’acte de vente se compte en semaines, voire en jours. 
Là-bas, un acte compte environ quatre pages -l’acquéreur comprend parfaitement ce qu’il signe- contre 15 à 20 ici, écrites en français mais dans une terminologie désuète qui pose des problèmes même aux meilleurs traducteurs : comment traduire deux siècles de notariat en danois moderne ? ! 
Des différences qui ne constituent pas de vrais écueils si les acquéreurs s’adressent à un professionnel confirmé capable de les comprendre… 

Propos recueillis par Marie-Evelyne COLONNA.
Copyright Nice-Matin 2004.
 
 
 

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